SHOOT YOUR IDOLS

"Catfight / Baby Sharks"

(Single, 2007)

Album Cover

2007. Paris vibrait au son d’un revival 70’s effervescent, et Shoot Your Idols était en plein cœur de cette explosion. "Catfight / Baby Sharks", c’est le témoignage incandescent de cette époque : deux morceaux enregistrés à fond les potards, sur du matos d’époque (Gibson SG de 1972 + Marshall de ’69 !), dans un studio pro à Saint-Cloud, le tout en deux jours d’intensité électrique.

À ce moment-là, je vivais l’apogée de ma période Lex Riders. Physiquement, artistiquement, humainement : tout était au top. On enchaînait les concerts dans les clubs parisiens les plus en vue, avec l’ambition démesurée de devenir les prochains Rolling Stones ! Il y avait une telle foi dans ce projet, une telle euphorie collective, qu’on croyait sincèrement pouvoir conquérir le monde.

J’ai composé la musique des deux morceaux, chanté, et tenu la guitare rythmique et lead. Le reste du groupe a apporté sa propre magie : claviers, cuivres, percussions, basse, batterie. Les paroles de "Catfight", écrites par John Palmer, dressent le portrait provoc d’un rockeur cynique au centre d’un duel amoureux. Le texte "Baby Sharks" plus surréaliste, est une plongée hallucinée dans le quotidien d’une rockstar imaginaire. Pas de message profond ici : juste l’essence brute du sex, drugs & rock'n'roll.

Musicalement, on puisait à pleines dents dans le hard-blues des Stones, Led Zep et AC/DC, avec une pointe de psyché — un son qu'on comparait parfois à Primal Scream. Le disque a reçu un accueil enthousiaste, a été salué par plusieurs webzines, et a même obtenu les éloges de l'actrice hollywoodienne Kirsten Dunst lors d’une soirée privée ! Pamela Des Barres, légendaire muse du rock californien avec qui j'étais en contact via MySpace, a aussi eu une copie entre les mains.

Mais derrière l’énergie du disque, les premières fissures apparaissaient. Tensions internes, ego en conflit, désaccords sur le mix… Le groupe s’est arrêté net, en plein vol, peu de temps après. Pour moi, ce single marque donc à la fois l’état de grâce et le point final d’une époque flamboyante.

Ce disque, c’est un tourbillon de rock, de sueur, de fêtes et de folie dans un Paris qui n’existe plus. L’éclat d’un rêve trop grand, trop court — mais diablement vivant.


Écouter "Catfight/Baby Sharks" :

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